Liberté, égalité, rentabilité, respect et décisions…
Par André MUSARD le dimanche 12 juillet 2009, 11:32 - Management - Lien permanent
Ces derniers mois j’ai assisté à plusieurs réunions et discussions au sein d’un établissement d’enseignement public. Des oppositions très vives se sont manifestées entraînant un dialogue de sourds.
D’un côté, des directeurs et représentants de l’état à qui ont donne des moyens financiers délimités de façon à ne pas creuser le déficit financier de l’état, et de l’autre des fonctionnaires enseignants ou avec d’autres fonctions complémentaires pour le bon fonctionnement de l’établissement scolaire.
Avec les années, et le niveau d’endettement actuel de la France il est demandé de diminuer les frais. Les montants alloués par élève n’augmentent pas voire diminuent. Le nombre d’élèves diminuant dans certaines filières, les montants globaux s’amoindrissent.
D’un autre côté l’établissement propose pour répondre aux attentes de parents, d’élèves, et aux évolutions de la société, par exemple, des cours d’hippologie, en particulier, en sport , du sport à cheval au lieu de sport plus classique à pieds. Ces cours sont très prisés par certains élèves. Ils sont dispensés dans une école publique. Par principe bien français d’égalité dans le secteur public, ils doivent être au même prix que les autres sports.
Par contre au niveau des budgets des calculs rapides montrent qu’entretenir un cheval coûte plus cher que de ne pas en entretenir. Alors que faire ? Par égalité entre individus il ne faut pas faire payer plus chères ces formations. Mais par respect des personnes plus respectueuses des finances de l’état, ou bien des personnes qui ne peuvent pas financer déjà un certain minimum vital, il ne faut pas alourdir ces frais de formations. Que décider ?
Cela me rappelle des cours d’éthique en formation pour être directeur de maison de retraite : Vous êtes face à une personne de 95 ans. Elle tombe et se casse un membre. L’opération avec intervention chirurgicale nécessite une anesthésie générale. Sachant les risques que la personne ne se réveille pas pour l’opérer il faut prévoir une équipe de soignants très pointue. Que faire ? Si de plus elle a déjà un rein en mauvaise santé et qu’elle attend une greffe de rein ? Et à qui donner la priorité pour la greffe du rein : à cette personne ou à une plus jeune. Et si on précise que cette personne de 95 ans est très connue pour ses très bonnes actions dans le passé et par sa famille … (liberté égalité fraternité, mais budget limité de l’hôpital et des services de santé).
A la guerre, derrière le front de bataille, les médecins doivent en un coup d’œil choisir les personnes qui « valent le coup » d’être opérées et potentiellement sauvées, et celles ou on laisse faire « Dieu » ou le destin. Le terme d’ailleurs est il valent le « coup », ou valent le « coût ».
Le conseil d’administration d’une école doit choisir. Il est important qu’au niveau national le débat se fasse de façon assez claire pour ne pas bloquer les directeurs dans des décisions de conseils d’administration bloquant le système : En effet selon la décision il est demandé des frais d’inscription de niveau différents aux élèves…. Le directeur doit savoir trancher, mais avant, avoir préparé avec son conseil d’administration, le débat avec les informations nécessaires… parfois certaines personnes pour faire prendre consciences des abérations du systèmes sont aussi obligés d'intervenir à leurs façons...
Commentaires
Bonjour André,
bon rappel que ceci. En France nous avons - avions? - la chance d'être inscrits dans un système qui essaie d'accompagner le plus grand nombre. Ce ne sont pas des questions faciles et, effectivement, heureusement qu'il y a aussi des personnes - au sens individuel - qui savent regarder et prendre des initiatives pour tenter de tempérer un peu. Tu fais certainement partie de celles là, aussi.
Sujet délicat, effectivement, d'autant plus que chacun dit vrai, vu la situation actuelle !
Mais comment trancher ? Je n'aimerais pas être à la place de toutes ces professions qui côtoient cette décision quotidiennement !
Mon opinion risque de paraître bien tranchée mais j'assume. Pour reprendre l'exemple de l'hippologie (qu'en termes choisis, ces choses là sont dites
), compte tenu du niveau général de nos têtes blondes ou brunes, en tant que responsable d'un établissement scolaire, sans doute orienterai-je gentiment mais fermement les parents vers d'autres collectivités pour la prise en charge de sports spécifiques. Certes, les enfants devraient avoir tous droit aux mêmes activités et le sport comme toutes les matières concourt à former l'esprit. Cependant, il serait judicieux de ne pas perdre de vue l'essentiel. Dans un contexte difficile et concurrentiel, constituer un socle solide et durable des connaissances fondamentales apparaît plus utile. Au pays basque, royaume des parcours de golf, l'éducation nationale devrait donc prendre en charge la réduction des inégalités en payant à chaque élève les droits d'entrée dans ces clubs ? Fichtre ... idéal pour se constituer un réseau (encore que cela reste à prouver sur la durée), moins porteur pour écrire sans faute une lettre de motivation ou savoir rapidement calculer un rapport qualité prix.
A chacun ses priorités, je le conçois. Le % de réussite au bachot de cette année me laisse rêveuse. Je constaterai rapidement le niveau de culture de ces brillants élèves quand ils viendront postuler dans l'entreprise. Qu'ils soient galop 2 ou 7 ne changera rien à notre décision s'ils ne sont pas capables de lire, écrire et compter de façon convenable ou ne dispose pas du capital minimum de savoir-être.
L'apprentissage de règles de vie comme celle de la patience fait également partie du socle général de culture dont je parle plus haut. Nous ne pouvons pas tout avoir, tout de suite et tous pareils. Il serait temps de concevoir que l'égalité, si elle est écrite aux frontons de toutes nos mairies est une valeur qu'il va falloir réinventer. Nous sommes tous égaux, certains le sont plus que d'autres. C'est un fait qui ne date pas de la crise (où alors de celle qui suivit la guerre du feu
).

Un peu réac et rétrograde comme nana ... certes ... l'observation des comportements reste une de mes disciplines préférées. Elle m'apporte chaque jour son lot d'étonnement et parfois de stupéfaction. Je vois que ce n'est pas près de changer et je m'en réjouis
Merci France. Je suis de ton avis aussi. Il faut savoir préserver les fondamentaux !
Un des atouts de notre lycée est de proposer le cheval. Mais plus il y a d'élèves dans cette discipline, plus le déficit est élevé si ils ne payent pas leurs formations. Merci pour l'exemple du golf. Comme quoi encore une fois le blog permet d'élargir le champ de reflexions.
De toute façon le directeur doit trancher pour préserver la vie de son établissement, et de la mission qu'on lui a confié, dans le respect (de la dignité) des personnes...
Ah, faire un choix; tjs le même dilemme!
je me rappelle de ce livre "le choix de sophie" où une mère juive pendant la guerre avait la possibilité de la liberté d'un de ses 2 enfants; mais il fallait qu'elle en choisisse un: le fils ou la fille?
Un petit coucou de loin ... des fois que je sois encore contagieuse
J'espère que tu vas bien.