Contributions personnelles aux réflexions sur la reconversion
Par André MUSARD le lundi 8 décembre 2008, 13:53 - A propos du rédacteur - Lien permanent
Pour appréhender une activité il y a plusieurs manières, par exemple : être plutôt candide, ou bien formée, ou encore être déformée par les usages habituels. Dans ce billet, sujet du débat du mois, je développe mes approches et expériences personnelles vis-à-vis du management, en partant du principe que plus de 80 % de l’emploi du temps est relationnel.
La vie est une suite d’évènements, voire d’épreuves, et nous réagissons avec nos ressources physiques, psychiques, nos expériences et connaissances culturelles, scolaires, voire spirituelles. Nos relations professionnelles doivent se baser sur le respect, des personnes, et donc se baser sur une approche la plus large des diverses posibilités que l'on peut rencontrer.
Quelques exemples, et je commence par du privé, cela implique moins les professionnels : Un jour il y a 25 ans, je vais chez mes grands parents, voisin de 100 m de chez nous, pour présenter à des amis de passage ma fiancée. Pour donner suite à mes présentations, les amis serrent la main de ma fiancée avec une légère courbette. Ma fiancée plus tard me dit être choquée elle méritait au moins une bise, pourquoi cette distance ? J’ai du lui dire qu’en Norvège, contrairement aux pays du sud, les embrassades ne sont pas d’usage courant.
Un été je suis allé travailler chez une connaissance de la famille, agriculteur. J’avais l’impression de me faire toujours attraper, et, plus je voulais bien faire, moins ça allait. Plus tard j’ai compris qu’il appréciait beaucoup mon travail, mais, que quand il me regardait j’avais tendance à ne pas être assez sûr de moi. Qu’il fallait que je prenne de l’assurance, or il m’intimidait par sa voix. Sa voix ? Je compris plus tard qu’il avait l’habitude de crier pour parler au dessus du bruit des tracteurs, et car aussi il était devenu dur d’oreille.
J’ai eu des contacts avec des malgaches, et ils disent hum, hum, pour oui tout à fait d’accord !
Pour un des groupements breton pour qui je travaillais la priorité était le travail, être très tôt aux champs, montrer qu’on bossait, même s’il y avait de long bavardage comme « pour refaire le monde », pour un autre, moins opté sur le paraître, c’était les sorties et vacances, d’où la recherche de l’optimisation des temps de travail effectif…
J’avais un collègue très sympa, mais avec qui j’avais beaucoup de mal à me défaire après des explications. J’ai compris que si je lui disait « OK, je vois », lui cela le laissait indifférent, par contre, « oui, j’ai entendu », d’un coup la conversation allait plus vite !
Et ainsi de suite, pour le tutoiement, et le vouvoiement, le port de la cravate au travail, pour certains clients. Pour certains il faut de grands discours, pour d’autres, pas besoin d’explications, une consigne courte, et c’est bon. Pour d’autres il faut employer des termes pompeux, et d’autres des termes basiques (racinaires ou radiculaire, mauvaises herbes ou adventices, arrosage ou irrigation….) Une enseignante en sociologie qui employait à mon goût trop de sigles, ne voulait pas que les étudiants utilisent le terme EHPAD, mais Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes, c’est plus humain pour les maison de retraites…
On ne satisfera jamais tout le monde. Il faut faire des compromis !
Les études de bases puis les expériences dans le secteur pour le premier emploi facilitent une entrée standard, avec des résultats que je qualifierais de standard aussi et sans surprise.
Mon premier emploi, Ingénieur Agronome, Horticole correspondait un peu à cette entrée. Moins de 20% de ma formation scolaire m’étaient utile pour cet emploi.
Il a fallu commencer par s’adapter par rapport à la formation, par exemple dans le sud ouest, ou l’est de la France en sol lourd il faut faire les labours avant les gelées, en Bretagne, en sol chargé d’humus il faut labourer au printemps, et le gel n’a pas d’effet significatif. Des différences sont aussi importantes sur les populations de mauvaises herbes, les méthodes d’arrosages, les termes techniques en culture et en élevage. Même la corde de bois n’a pas le même nombre de stères selon les régions !
En 1 à 2 ans j’ai découvert mon premier vrai métier puis après en avoir fait un premier tour j’ai cherché des approches complémentaires et élargie mon champs d’action de la production, des techniques de production, du management des équipes, de la recherche des formations, des financements, des subventions, voir même un peu d’initiatives en communication grand public, après la prise d’assurance en communications professionnelles. Au bout de 7 ans, je ne considérais plus pouvoir apporter de plus value spectaculaire ! Malgré les très bonnes réussites professionnelles de ce passé, je préférais laisser la place pour du sang neuf. Mes idées personnelles significatives avaient été apportées, les autres, si je n’y étais pas arriver, pourquoi y arriverais je après !
Ensuite j’ai fais une première reconversion, de conseiller, je suis devenu producteur. Là les échelles financières ont changé, et quand avant je passais des heures et des dossiers à trouver du financement pour acheter une brouette (au lieu d’utiliser un 4 L pour porter 80 kg sur 200 m), ou un appareil de mesure indispensable, à cette époque, si j’avais besoin de ces outils je les achetais. J’ai poursuivi mes habitudes de contacter les personnes nécessaires pour mes activités. Par contre il fallait s’arranger pour que si je diffusais les idées que je découvrais aux conseillers, eux aussi me fournissent en retour, des idées valables. Je cherchais aussi à avoir les meilleurs prix pour mes achats ou mes ventes, mais très vite, j’ai compris qu’avec les quantités que j’achetais, mes prix ne correspondaient plus aux prix publiés par les centres de recherche. Et aussi que les prix référencés servaient parfois à des standards pour des subventions forfaitisés, et qu’il ne fallait pas diffuser n’importe comment les données : du centre de gestion, elles vont à la chambre d’agriculture, aux écoles, et aux concurrents. De plus, faire un dossier moins bien que les autres nous pénalise, faire un dossier mieux que les autres pénalise les autres. Si on veut rester avec de bons amis, il faut rester cachés dans la foule, au moins jusqu’à un certain point.
Au niveau des finances, j’ai découvert des contraintes de subventions et prêts bonifiés, par exemple, les prêts à 0 % en nom propre pour aider à démarrer une entreprise : Cet emprunt doit ensuite être remboursé par le privé, et donc nécessite une augmentation des prélèvements, donc des revenus qui sont taxés et imposés à un taux supérieur à un emprunt de société, et de plus nécessite une faillite personnel en cas de non remboursement. L’utilisation des emprunts et subventions participe à se faire connaître. Et à communiquer. De façon générale, toutes participations à des activités connexes participent à se faire connaître. Le fait aussi de faire parti de plusieurs associations m’a permis de voir une partie des intérêts de leurs participants : connaître en primeurs des évènements propres à leur environnement et éventuellement agir au plus vite en conséquence !
Puis je me suis reconverti dans le commercial. Et là j’ai découvert les marges, et les vérités des vendeurs : quelques connaissances, mais beaucoup de persuasions. Quand nous passions des heures à essayer de grappiller 1% de rendement en plus, et autant d’augmentation de prix auprès de nos clients, certains fournisseurs séducteurs arrivent à nous vendre du matériel peu fiable, et à des prix qui peuvent être réduits de dizaines de %. Certains ex-collègues vendeurs avant d’être producteurs maîtrisaient mieux que moi, les achats ! Et un client peut croire avoir eu un bon prix, ou un bon geste commercial, mais la réalité n’est pas toujours aussi vraie !
Ces expériences m’ont permis de côtoyer aussi de diverses faces, les actions et recours avec l'aide des assureurs ou de la justice : les effets des intempéries pour effacer certaines mauvaises années, mais aussi les effets des dépôts de bilan et mise en redressement comme outils de gestion financière, voir comme outils de gestion juridique pour se séparer de dossiers de clients nous faisant un litige.
Le monde de l’entreprise, comme la vie dans la jungle permet de s’entraîner de façon concrète.
Pour le moment mes exemples restaient dans le monde agricole, et en partant vers un autre domaine, vers le social, ou travaille mon épouse, que puis-je apporter ?
Le premier atout, c’est le regard nouveau, et un aspect rentabilité, optimisation des charges en mains d’oeuvre et en fournitures.
Chacun à ses compétences, et mon but n’est pas de rentrer en opposition avec les compétences actuelles. Par contre, j’ai besoin de les comprendre, et éventuellement que mes interlocuteurs participent à m’en donner la signification : que les gestes et attitudes ne soient pas réalisées par simple usage ! Pourquoi se laver les mains entre chaque résident à s’en abîmer les mains, si on se serre ensuite des mains, ou que l’on touche la porte de la chambre, ou le robinet du lavabo. De même, pourquoi préparer son chariot avant de frapper à la porte d’une chambre en maison de retraite, il vaut mieux faire le contraire pour laisser le temps au résident de réagir avant que l’on entre. Comment donner une consigne complète et qu'elle soient appliquées ?
Les formations permettent d’avoir un support de réflexion, les expériences de la vie permettent d’en avoir d’autres.
La diffusion d’idées sur un blog risque aussi de braquer mes futurs interlocuteurs, et je préfère leur laisser la primeur de certaines réflexions. Par son rôle, le candide apporte aussi de nombreux points positifs, du moins au début.
Dans les classes et concours scientifiques, devant une certaines compétence générale des candidats, les matières qui départagent ne sont pas celles aux plus fort coefficients, il est sûr que là les candidats sont bons, c’est les matières annexes qui permettent de départager. A un poste de direction ou de chef de projets dans un domaine donné, par les collègues, par l’environnement, voir par l’équipe, ou les associations de collègues, on peut toujours retrouver l’information professionnelle du secteur de base qui manque (plus ou moins facilement), par contre, il sera beaucoup plus difficile de s’ouvrir sur d’autres domaines. A mon avis, le manageur doit savoir s’entourer des compétences dont il a besoin, et le plus difficile est de trouver celles qui ne sont pas de son métier, de sa branche !
C’est de nos façons de penser que dépendent nos actes, et si le secteur du social veut faire des économies, il faut aussi une façon de pensée proche de ceux qui ont déjà du faire de grosses économies dans leur milieu. Et l’horticulture, entre les concurrences liées aux importations en contrepartie des productions de stupéfiants, ou par les productions réalisées par des personnels en situation de handicaps, ou encore face aux coûts de productions accrues par la montée des tarifs de la main d’œuvre et des énergies, et avec des prix de vente en baisse du fait de la banalisation des produits et leur entrée dans la grande distribution, cette horticulture a connu la crise, et les besoins en réductions de charges !
Je suis donc évidement pour des reconversions professionnelles, c’est l’arrivée de techniques et regards nouveaux ! et dans le milieu des personnes âgées et du handicap, je peux apporter, en plus des connaissances scolaires ou de stages, des ouvertures sur la gestion humaine, la gestion des approvisionnements, l’ouverture sur les aspects intégration environnemental, et optimisation des énergies …
Commentaires
Bonjour
Je vois que l'on est d'accord sur de nombreux points.
il est vrai que suivant les régions ou les pays, les mentalités et les coutumes sont très divers au Danemark, la dernière fois que mes parents y sont allé, même entre parfait inconnu, les gens se tutoyais.
en France, le vouvoiement est je pense trop utilisé car je pense que le tutoiement n'est pas un manque de respect et rapproche les gens dans une certaine convivialité.
pour ce qui est des divers relations avec les gens de tous les jours, même en magasins, je trouve naturelle de dire bonjour, au revoir et bonne fin de journée ...
quand je vais dans d autres régions pour rentre visite a des amis, je constate que dans énormément d'endroits, quand on fait cela, on est regarder comme un (Aliène).
Dans mon entourage et que ce soit pour des entretiens d'embauche ou chez le coiffeur, les gens sont chroniquement en retard d'au minimum une demi heure et cela m'agace beaucoup et pour moi, c'est un réel manque de respect.
Comme vous dites dans ce message, il faut aussi etre concilient et comme on me dit souvent "il faut mettre de l'eau dans son vin"
Je pense que l'on parle toujours entre personnes convaincu.
Bonnes Fêtes.
Oui, et en France il y a aussi un effet région, et des sous effets culture locale, à 0,5 km près cela peut varier beaucoup. Voir aussi le site : http://combiendebises.free.fr/
Et pour le vouvoiement, il me semble que selon le milieu les formations cela intervient aussi : les journalistes m'ont l'air de tutoyer facilement, et dans le milieu agricole aussi, mais je ne généraliserais pas trop vite !