Ce billet est une ébauche de discussion sur ce très vaste sujet.

Pourquoi travailler :

  • Pour gagner de l’argent ;
  • Pour rencontrer du monde
  • Pour montrer que l’on sait faire des choses
  • Pour se rendre utile
  • Pour ne pas penser, se noyer dans l’activité…

En général, si on travaille en entreprise c’est pour gagner de l’argent, sinon on peut rester bénévole.

Un chef d’entreprise peut se poser les mêmes questions, pourquoi manager son entreprise. Ses finalités peuvent s’exprimer dans le projet d’entreprise.

Pour chacun de mes emplois l’objectif était clair :

  • Pour le premier, permettre aux producteurs d’avoir un revenu décent, et moi aussi à l’occasion
  • Pour le deuxième : me permettre d’avoir un revenu et un emploi du temps acceptable vis-à-vis de ma famille en produisant des roses à commercialiser par la coopérative et type super marché, avec une marge optimum. Il n’y avait donc pas de limites pour les charges, mais à conditions que la marge soit assez élevée (noter que, comme l’explique Paul Louis Brodier, améliorer la productivité n’est pas réduire les charges, mais juste diminuer les ressources par rapport aux produits réalisés, et on peut donc intervenir sur différents facteurs, et à un certain extrême jouer sur la valeur monétaire des valeurs). Ensuite ne vendant plus par la coopérative il a fallu adapter le mode de commercialisation, la gamme de production, puis des produits et services à vendre…
  • pour le troisième emploi : il m’était demander de vendre en faisant le moins de remise possible, par contre le dirigeant ne regardait pas les charges déployées en face (km parcourues, nuits d’hôtel, frais de transports).

Parmi les objectifs, ou motivations de l'entreprise, certains peuvent ajouter les aspects :

  • Respect des personnes, travailler pour une raison sociale
  • Respect de l’environnement, travailler pour favoriser un équilibre acceptable pour la planète
  • Pour la musique
  • Pour une cause humanitaire
  • Pour une cause religieuse
  • Par amour avec un type d’activité….
  • Et pour les entreprises publiques, pour une raison publique hébergement des jeunes, ou des retraités, formation, recherche, équilibre du térritoire (la poste) etc...

Le premier objectif de l’entreprise c’est en général de se maintenir en vie, et cela nécessite souvent qu’elle fasse un minimum de profit pour financer son fonctionnement : payer ses salariés, ses charges, et indemniser les ressources qui ont été mobilisées pour la créer.

Ces objectifs peuvent être traduits par visions à long terme (plusieurs années), et des étapes à plus court terme (année). (Voir ce billet qui indépendamment du mien va dans le même sens). De nouveau, pour certains, tel que Paul-Louis Brodier que je retrouve sur ce site, il y a différence entre la société (entité juridique) et l’entreprise (entité économique). Ces différences permettent de séparer les outils valeurs ajoutées en salaires et profit, et non uniquement profit, et permet aussi d’avoir des outils pour pérenniser l’entreprise.

L’entreprise peut elle être sociale ? Deux chercheurs de l’INRA développent ce thème :

"Dans la perspective libérale (dont Friedman est l’un des illustres représentants), la responsabilité sociale des entreprises a au moins trois défauts :

  • elle est contradictoire avec le fonctionnement même de l’entreprise : le manager est un employé des propriétaires, et sa responsabilité première est d’accroître les profits qui leur échoient ;
  • elle conduit à une confusion des rôles entre les entreprises (chargées de la production de biens privés) et le gouvernement, éventuellement les ONG, chargés de veiller à la protection des biens publics ;
  • elle entraîne de toutes façons des pertes de profit qui ne sont pas tenables quand la concurrence est intense."

Et cette contradiction est semblable pour le secteur du développement durable, et ceci pour des raisons quasiment identiques.

En fait, les entreprises semblent utiliser des systèmes socialement responsables pour :

  • Optimiser les charges
  • Réduire les charges liées aux sous produits (Une coopérative faisait venir des roses depuis l'Inde sous pretexte de commerce équitable, mais en réalité car le prix était plus bas. Avant elle avait fait venir des fleurs de Colombie sous pretexte de favoriser la production de fleurs au détriment de la drogue, en réalité le prix bas semblait permettre de blanchir de l'argent... la valeur ajoutée de certains produits, et la destruction par vieillissement prématurée permet de dissimuler des pertes...)
  • Limiter l’arrivés de règles nouvelles, ou l’intervention d’organismes extérieurs, voir de l’état ou d’associations
  • Créer des clauses de non concurrence
  • Jouer sur des images de marques auprès de consommateurs
  • Ou encore pour des stratégies internes

Une bonne analyse des tenants et aboutissants en terme de projets et volonté des leaders de l’entreprise permet un management par objectifs, tels que présenté par le groupe KEYROS par exemple.

En conclusion, quelques soit les préoccupations des entreprises, une des mageures reste la rentabilité pour la pérénité.

Et en complément, le respect des personnes et des engagements ne peut être qu'un aspect dans un panel utile pour le management, et qui a forcément ses limites selon le type de projet ou de concurrence.

J'ai rencontré des entreprises qui préféraient abuser des rythmes de travail, sous couverture d'une image externe de respect des salariés et liberté de temps de pauses, mais pour l'une d'entres elles la mutualité agricole du département par indiscrétion m'a signalé cette entreprise comme une de celles qui avait le plus d'arrêts de travail pour cause de Troubles Muscullo Squelettiques ou TMS).