Affirmation, vérité et management
Par André MUSARD le vendredi 31 octobre 2008, 12:13 - Management - Lien permanent
En management, mais dans l’ensemble des situations de la vie, la réponse, ou le point de vue, la vérité d’une personne ne correspond pas forcément à la réponse d’une autre.
J’ai déjà présenté cette affirmation ci-dessus dans le billet sur savoir relativiser et prendre du recul, mais suite au billet de Jean Louis Renault et suite à la demande du modérateur, interview de Flavien Chantrel sur l’apport d’une année de formation en Master 2 Action Social et de Santé à 47 ans, je souhaite compléter cette préoccupation : la vérité et le management.
En effet, de base ingénieur, scientifique rationnel, quand en station d’expérimentations il nous était demandé de préciser une technique culturale, par exemple, nous faisions un essai, voyons qu’avec telle technique par rapport à telle autre il y avait un meilleur résultat, et nous donnions notre conseil. Les producteurs discutaient parfois nos conditions d’essais, mais les résultats étaient là et il fallait les faire appliquer. Les difficultés apparaissaient quand le producteur ne venait pas du monde agricole. Je pense à l’un d’entre eux qui me disait qu’il suffisait de traiter pour lutter contre un insecte. Que la dose n’avait pas d’importance car même l’homéopathie marche bien, et que s’il est conseillé de mettre des doses importantes, c’est juste pour remplir la poche du fabricant.
Plus tard, en cherchant à améliorer les conditions de travail dans les chantiers, certaines personnes disaient qu’il ne pouvait pas y avoir de travail sans fatigue, et qu’il était normal d’être fatigué après une journée de travail. Cette fatigue fait du bien.
Dans certains chantiers l’opérateur se déplace de (pour donner des chiffres) 2 mètres sur la droite, deux mètres en face, puis deux mètres à gauche puis deux mètres en arrière. Au total il à fait 4 x 2 = 8 mètres, mais globalement il est resté sur place ! Peut être qu’en organisant mieux le chantier il aurait pu ne se déplacer que de moins d’un mètre !
Dans une maison de retraite j’ai vu un agent qui a passé 30 minutes à ranger du linge dans les placards d’un résident, puis, le lendemain matin autant de temps pour le ressortir, et le mettre en carton. Ce résident à l’habitude d’uriner sur ses affaires, et il vaut mieux lui laisser le moins de choses possible dans sa chambre. L’agent n’ayant pas de consigne, avait rempli son temps ainsi. Quel temps perdu !
En passant dans la formation en social la démarche lors du premier cours traitait des politiques et des changements de politiques. Pour des changements dans un groupe il faut s'appuyer sur un passé, des règles internes, ou du moins reconnues. Si une idée nouvelle arrive elle passe par le crible des institutions et règles présentes, sinon elle n'est pas validées, ou bien uniquement par une minorité marginale du groupe. En cas ou l'idée est trop perturbatrice le groupe dominant peu éventuellement rejeter la partie dissidente du groupe. La vérité que j’appelais « scientifique » n'a pas sa place.
La mise en place de procédures, ou de cahiers des charges, la constitution d’une culture d’entreprise permet de créer des bases repères pour des évolutions. Pour être efficace il faut savoir s’appuyer sur des bases communes au groupe.
Pour Galilée la terre n’était pas le centre de l’univers, mais pour la société chrétienne de l’époque, il était interdit de changer les principes du passé.
Vous pouvez avoir une très bonne idée de votre point de vue, mais pas acceptée par le groupe ou elle est présentée.
C'est une des difficultés de l'innovation...
Commentaires
Bonjour André et merci pour ce nouvel excellent billet. Je suis en train de lire des choses (théoriques) sur la question. Je dirai qu'intuitivement lorsqu'il s'agit d'innover, d'amener une nouvelle idée, je passe du temps à en discuter avec ceux qui peuvent être amenés à l'adopter; j'écoute leur retour, on y revient, etc et souvent elle devient "projet" collectif.
Oui, merci Véronique, écouter, et montrer qu'on a entendu en reprenant des mots des interlocuteurs. Je n'ai pas employé encore vraiment le terme "empathie", mais cela pourrait être un billet. Avec des notions de PNL aussi…
!
Il faut que le projet devienne collectif, sinon en plus si on se plante, on se plante seul...